Mon parcours de doctorat avec RECONNECTED
Réflexions de Samuel Lam : doctorant à l'université St Mary's (Royaume-Uni), travaillant aux côtés des communautés migrantes au sein du projet RECONNECTED
Près d'une personne sur six vivant au Royaume-Uni est migrante, et pourtant, beaucoup se heurtent à des obstacles importants pour accéder à un soutien en santé mentale. Les différences linguistiques, la stigmatisation culturelle, la méconnaissance du système de santé et le manque de confiance dans les services constituent des freins majeurs à la recherche d'aide. Ces difficultés expliquent en partie mon choix de poursuivre un doctorat axé sur le bien-être mental des migrants. Bonjour, je m'appelle Samuel Lam et je suis doctorant en deuxième année de psychologie. Je travaille à temps plein sur l'étude RECONNECTED et je suis heureux de partager mon expérience de ce projet et de mon parcours de chercheur doctoral.
Auteur : Samuel Lam, St. Mary's Twickenham

L'étude RECONNECTED est au cœur de ma thèse de doctorat. Financé par Horizon Europe, ce projet réunit un consortium de 11 partenaires répartis dans 9 pays européens. Son objectif principal est de comprendre l'impact des transitions mondiales sur la santé mentale des citoyens européens et de développer des solutions numériques pour les populations vulnérables. L'antenne britannique, où je suis rattachée à l'Université St Mary's, se concentre sur les migrants originaires de pays non occidentaux, qui représentent près de 17 % de la population du Royaume-Uni.

Ce qui rend ce travail particulièrement important, c'est que les migrants sont souvent confrontés à des difficultés spécifiques qui peuvent affecter leur bien-être. Il peut s'agir de l'adaptation à une nouvelle culture, de la séparation d'avec leur famille et leurs réseaux de soutien, de la discrimination, de difficultés financières et de l'incertitude quant à leur statut légal. Malgré ces obstacles, de nombreux migrants peinent à accéder à un soutien psychologique adapté. Grâce à RECONNECTED, nous espérons mieux comprendre ces expériences et développer des interventions numériques qui contribuent à améliorer le bien-être de manière accessible et respectueuse des réalités culturelles.
« Pour moi, l'un des aspects les plus gratifiants de ce projet est l'opportunité de contribuer à une recherche susceptible d'améliorer concrètement la vie des gens. L'accès aux soins de santé mentale n'est pas toujours égal pour tous, et je suis motivé par la possibilité que nos résultats puissent contribuer à façonner les services destinés aux communautés souvent mal desservies ou négligées. »
Mon doctorat étant bien avancé, j'ai une vision claire de mes objectifs et de mes tâches hebdomadaires. Ces éléments ont été définis lors des réunions de supervision qui ont lieu environ tous les deux mois. Dans le cadre de la préparation d'un essai multifactoriel, je me suis consacrée à la rédaction du protocole, à la demande d'approbation éthique et à la planification du recrutement. Mon équipe à St Mary's m'apporte un soutien précieux, et nos réunions régulières me permettent de poser des questions en toute confiance et d'apprendre par la pratique. L'accès à des chercheurs expérimentés, prêts à partager leurs connaissances, a été déterminant pour mon développement en tant que jeune chercheuse. Ma collaboration avec le consortium RECONNECTED me permet également d'échanger avec des chercheurs et des experts de haut niveau venus de toute l'Europe. J'espère que ces contacts m'ouvriront des portes à l'avenir et m'ont déjà permis de constater concrètement ce que signifient un leadership fort et une collaboration internationale efficace.
Aussi passionnant soit-il, le doctorat comporte son lot d'obstacles. Concilier les étapes clés de l'étude RECONNECTED avec la production des résultats doctoraux et la mise à profit des opportunités de développement professionnel exige une priorisation rigoureuse. Il est arrivé que cet équilibre soit mal trouvé, et j'ai dû en tirer des leçons. Recruter des migrants vivant au Royaume-Uni est également complexe. Population vulnérable et traditionnellement difficile à atteindre, leur engagement demande du temps, de la confiance et une certaine créativité. Établir des relations avec les communautés ne peut se faire à la hâte, et gagner leur confiance est souvent aussi important que la recherche elle-même. Cela m'a appris l'importance d'une communication respectueuse, adaptée aux spécificités culturelles et véritablement collaborative. Heureusement, mes collègues ont une expérience directe en la matière, et suivre leur exemple m'a montré comment adapter ma communication pour que nous paraissions professionnels et accessibles. Il y a aussi la durée d'un doctorat en elle-même. Trois ou quatre ans, c'est long, et apprendre la patience et la confiance dans l'avancement du travail, même quand on n'en a pas l'impression, est un travail que je continue de mener. Apprendre à accepter l'incertitude et à considérer les obstacles comme faisant partie du processus plutôt que comme des signes d'échec a été une leçon importante non seulement pour les études, mais aussi pour la vie de tous les jours.
Malgré les difficultés, mon parcours doctoral a été incroyablement enrichissant. J'ai jusqu'à présent suivi des formations en bonnes pratiques cliniques, en méthodologie de la recherche et en statistiques, en rédaction académique, en protection de l'enfance et en rédaction de thèse. Ces formations me sont utiles au quotidien et me permettent également d'améliorer mes compétences d'enseignant et d'encadrant lorsque je suis amené à former les étudiants de St Mary's.
J'ai également eu l'opportunité de participer à des conférences, notamment des événements internes à St Mary's et à travers l'Europe. Un moment particulièrement enrichissant a été le contact régulier avec d'autres doctorants du consortium RECONNECTED. Partager nos expériences, résoudre ensemble les difficultés rencontrées et constater que nombre de ces obstacles sont universels, indépendamment du pays ou de la discipline, a été rassurant et motivant.
Pour l'avenir, je suis ravie de me rendre en Australie plus tard cette année afin de présenter mes recherches doctorales lors de la conférence de la Société internationale pour la recherche sur les interventions par Internet (ISRII). Ce sera sans aucun doute une étape majeure dans ma carrière. Alors que j'entame bientôt ma troisième (et potentiellement dernière) année, plusieurs objectifs sont en vue. La prochaine étape importante est la réalisation de notre essai multifactoriel, qui, je l'espère, permettra de déterminer quelles combinaisons de micro-interventions numériques sont les plus efficaces pour améliorer le bien-être mental des migrants au Royaume-Uni.
